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Les gouvernements du G8 invités à adopter une approche multipartite pour débattre des questions liées à l’Internet

Les concertations devraient inclure des organisations qui jouent un rôle essentiel dans le développement de l'Internet comme plate-forme pour la croissance économique mondiale et le progrès social.

PARIS – 23 mai 2011 – En prévision de la prochaine réunion des gouvernements du G8, une coalition mondiale d'organisations de l'Internet, y compris la Number Resource Organization, l'Internet Society, le chapitre français de l'Internet Society, l'ICANN et le World Wide Web Consortium (W3C), a déclaré souhaiter apporter une contribution aux discussions sur les questions liées à l'Internet. Les points de vue des organisations au cœur du développement, de la gestion et de l’exploitation de l'Internet mondial sont essentiels pour envisager des décisions éclairées.

Les mêmes organisations apportent actuellement leur expertise, contribution et expérience précieuses à d'autres forums intergouvernementaux, y compris par le biais du Comité consultatif technique de l’Internet (ITAC) de l’OCDE. Les organisations ont également rappelé l'engagement pris par les gouvernements lors du Sommet Mondial sur la Société de l'information (SMSI) au niveau des chefs d'État de promouvoir une coopération multilatérale, et ont exprimé leur espoir que les futures réunions du G8 sur l'Internet soient préparées dans l'esprit de l’agenda de Tunis - par le biais d’un processus ouvert et inclusif et avec la participation de toutes les parties prenantes.

Raúl Echeberría, Président de la Number Resource Organization (NRO) - constituée des cinq Registres Internet régionaux (RIR) - a commenté : « Avec l'épuisement des adresses IPv4 disponibles de l'Internet Assigned Numbers Authority (IANA) en février 2011, il est désormais plus important que jamais que les gouvernements du G8 et tous les autres intervenants accordent la priorité au déploiement de l'IPv6 pour assurer la poursuite de la croissance et du développement de l'Internet. Pour sensibiliser davantage l'industrie, les gouvernements devraient insister pour que tous les produits et services liés à Internet qu'ils achètent, y compris le matériel, les logiciels, la connectivité, les services de consultation et la formation, soient prêts pour être compatibles avec l’IPv6. »


Lynn St. Amour, Présidente Directrice Générale de l’Internet Society a déclaré : « Les politiques qui soutiennent la poursuite du développement d'un Internet ouvert sont mieux élaborées lorsqu’elle résultent de processus ouverts et inclusifs. Cela a été déterminant pour la croissance et l’évolution mondiale de l'Internet en tant que plate-forme pour le développement économique et l'innovation. Dans le but de renforcer leurs discussions politiques, nous encourageons fortement les gouvernements du G8 à inclure la participation de toutes les parties prenantes. »


« Puisqu’ils se réunissent en France cette semaine, nous encourageons les gouvernements du G8 à rechercher l'application la plus large possible de l'approche multipartite pour leurs discussions, en accord avec les engagements pris précédemment par les gouvernements lors du SMSI », a déclaré Gérard Dantec, Président du chapitre français de l'Internet Society. « De même que l'Internet Society et les chapitres de l'Internet Society sont consolidés par la participation de la société civile, la communauté technique et autres, une large participation améliore les discussions et les approches pour répondre aux questions soulecées par l’Internet. »


« Rien ne prouve davantage le bien-fondé du modèle multipartite que l'expansion mondiale et l’importance vitale de l'Internet », a déclaré Rod Beckstrom, PDG de la Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet (ICANN). « Le modèle peut se résumer par un seul mot : l’inclusion. Toutes les voix, à travers le monde entier- des gouvernements mondiaux aux intérêts du secteur privé, en passant par les utilisateurs individuels d'Internet - doivent toutes être entendues. »


« L’approche collaborative et multipartite du W3C pour la création d'une plate-forme Web ouverte améliorée encourage davantage les industries à choisir le Web comme plate-forme d’options pour la prestation de services et le développement d'applications riches - comme le mobile, la télévision, l'édition et la publicité. » a déclaré le Dr. Jeff Jaffe, Directeur général du W3C. « Les normes Web continuent de veiller à l’innovation et aux opportunités économiques pour les entreprises et les consommateurs. »


Une approche multipartite a contribué à encourager la croissance phénoménale de l'Internet au niveau mondial et est essentielle à la poursuite de son développement en tant que plate-forme pour l'innovation et le progrès économique dans les pays développés et en développement. Sans la pleine participation des organisations chargées du développement, de la gestion et de l’exploitation de l'Internet, la stabilité future, la croissance et le développement de l'Internet pourraient être compromis. La même approche a fait les preuves de son efficacité en matière de développement de politiques Internet. Les organisations représentant la société civile peuvent également fournir des indications cruciales assurant que l’Internet favorise le progrès social.


L' « écosystème Internet » des organisations et communautés guidant le fonctionnement et le développement des technologies et de l’infrastructure qui constituent l’Internet mondial sont actuellement en tête en ce qui concerne le déploiement de technologies qui assureront que l'Internet continue d'être une plate-forme favorisant l'innovation, le développement économique et le progrès social. Ces technologies comprennent le protocole DNSSEC, qui accroît la sécurité du système de noms de domaine afin d'assurer que les utilisateurs d'Internet atteignent leur destination, l’IPv6, la prochaine génération de protocole Internet qui fournit suffisamment de nouvelles adresses Internet pour assurer que les 4 milliards de personnes susceptibles de se connecter sont en mesure de participer pleinement à l'Internet mondial et HTML5, qui définit la cinquième révision majeure du langage de base du World Wide Web.



À propos de l’ICANN

La mission de l’ICANN est de garantir un Internet mondial sûr, stable et unifié. Pour contacter une personne sur Internet, vous devez taper une adresse sur votre ordinateur : un nom ou un numéro. Cette adresse doit être unique pour permettre aux ordinateurs de s’identifier entre eux. L’ICANN coordonne ces identifiants uniques à l’échelle internationale. Sans cette coordination, nous n’aurions pas le réseau Internet mondial unique que nous connaissons. L’ICANN a été fondée en 1998. Il s’agit d'une organisation à but non lucratif et reconnue d'utilité publique, rassemblant des personnes du monde entier qui œuvrent à la préservation de la sécurité, de la stabilité et de l’interopérabilité d’Internet. Elle encourage la concurrence et développe des politiques d’identifiants Internet uniques. L’ICANN ne contrôle pas le contenu publié sur Internet. Elle ne peut mettre fin au spam et ne gère aucunement l’accès à Internet. Mais, de par le rôle de coordination qu’elle joue au sein du système d’affectation de noms d’Internet, elle exerce une influence non négligeable sur le développement et l’évolution d’Internet. Pour de plus amples informations, consultez : www.icann.org.


À propos de l’Internet Society
L'Internet Society est une source indépendante et fiable de leadership pour les politiques, les normes technologiques et le développement futur de l’Internet. En se basant sur sa vision raisonnée et ses fondements technologiques substantiels, l'Internet Society travaille avec ses membres et chapitres à travers le monde pour promouvoir l'évolution et la croissance de l'Internet ouvert par le biais d’un dialogue entre les entreprises, les gouvernements et d’autres organisations à travers le monde. Pour en savoir plus, consultez :
http://www.internetsociety.org


À propos de la Number Resource Organization (NRO)

La Number Resource Organisation (NRO) est l'organisme de coordination pour les cinq Registres Internet régionaux (RIR) - *AfriNIC, APNIC, ARIN, LACNIC et RIPE NCC* - qui gèrent la distribution des ressources Internet, y compris les adresses IPv4 et IPv6 et la numérotation des réseaux en systèmes autonomes (ASN). Chaque RIR est constitué de la communauté Internet dans sa propre région.


La NRO est en charge de l’attribution des ressources non allouées, de la promotion et la protection des processus d’élaboration des politiques de bas en haut, et de faire converger les contributions de la communauté Internet vers le système RIR.

À propos du World Wide Web Consortium
Le W3C (World Wide Web Consortium) est un consortium international dans lequel des organisations membres, du personnel à plein temps et le public travaillent ensemble afin d’élaborer des normes Web. Le W3C poursuit sa mission essentiellement par l’élaboration de normes Web et de directives visant à assurer la croissance à long terme de l’Internet. Plus de 325 organisations sont membres du consortium. Le W3C est dirigé conjointement par le Laboratoire d’intelligence artificielle et d’informatique du MIT (MIT CSAIL) aux États-Unis, le Consortium européen de recherche en informatique et en mathématiques (ERCIM) basé en France et l'Université de Keio au Japon, et possède plusieurs bureaux dans le monde entier. Pour en savoir plus, voir http://www.w3.org


Contacts

ICANN
Brad White

brad.white@icann.org
+1 202 570 7118


Internet Society
Greg Wood

wood@isoc.org

+1-703-625-3917


NRO

Lucie Smith, Racepoint Group UK

Tél. : +44 (0) 208 811 2142

E-mail : lucie.smith@racepointgroup.co.uk

W3C
Contact Amériques, Australie —

Ian Jacobs, <ij@w3.org>, +1.718.260.9447


Contact Europe, Afrique et Moyen-Orient —

Marie-Claire Forgue, <mcf@w3.org>, +33 6 76 86 33 41

White House Office of Management & Budget

White House: Technology Neutrality required for IT Acquisition


White House Office of Management & Budget

Guidance memo calls for Technology Neutrality consideration in all Government IT procurement

Sourcé depuis le site Web OSS Institute

January 7, 2011

The memo states:

The purpose of this memorandum is to remind agencies of the Federal Government' s policy of selecting and acquiring information teclmology that best fits the needs of the Federal Government , including of being technology and vendor neutral in acquisitions for information technology (IT). This long-standing policy helps ensure that federal investments in IT are merit-based, improve the perfonnance of our government and create value for the American people.

The Federal Acquisition Regulation and Office of Management and Budget Circulars A-11 and A-130 guide agency information technology IT decisions, among other things. The policies in these documents are built around the use of merit-based requirements development and evaluation processes that promote procurement choices based on performance and value, and free of preconceived preferences based on how the technology is developed, licensed or distributed. In the context of developing requirements and planning acquisitions for software, for example, this means, as a general matter, that agencies should analyze alternatives that include proprietary, open source and mixed source technologies. This allows the Government to pursue the best strategy to meet its particular needs.

Accordingly, as program, IT, acquisition, and other officials work together to develop requirements and plan acquisitions, they should follow technology neutral principles and practices. This means selecting suitable IT on a case-by-case basis to meet the particular operational needs of the agency by considering factors such as performance, cost, security, interoperability, ability to share or re-use, and availability of quality support.

Download a copy of the memo by clicking here.

Lutter contre les fractures numériques : l'éducation d'abord

Repris de http://evenementssolidarite.solidairesdumonde.org/

« Nous réaffirmons notre attachement au principe d’intégration : chacun, où qu’il se trouve, doit avoir les moyens de participer à la société mondiale de l’information et personne ne doit en être exclu. » C’est ainsi que le G8 il ya dix ans définissait sa volonté de lutter contre l’inégalité dans l’accès à Internet (G8 : Charte d’Okinawa sur la société mondiale de l’information, 2000).


internet%20penetration[1].jpgSujet d’un atelier lors de la journée de conférences Web Diversity du 21 mai 2010, la notion de fracture numérique ou «digital divide», en anglais, reste aujourd’hui d’actualité. Elle correspond au fossé qui existe entre ceux qui utilisent les potentialités des technologies de l’information et de la communication (dans un cadre personnel ou professionnel) et ceux qui n’y ont pas accès pour des raisons d'absence de moyens ou faute de compétences. Il existe une forte inégalité de l’accès à Internet entre le nord et le sud. La quasi-totalité des 2/3 du monde non-connecté vit dans les pays du sud. Une différence qui s’explique par le cout de l'investissement nécessaire des infrastructures à mettre en place mais aussi de l’absence de volonté politique des gouvernements…

Animé par Gérard Dantec, Président du Chapitre Français de l’Internet Society (ISOC France) cet atelier a réuni :

Jean-Pouly, directeur de l’Agence mondiale de la solidarité numérique
• Nadia Mordelet, vice-présidente Marketing et Business Développement d’Alcatel Lucent,
• Jean-Patrick Ehouman, président d’Akendewa-Barcamp Abidjan
• Yves Miezan-Ezo, administrateur ISOC France et membre du CHALA (club des Hommes et femmes d’Affaires du Libre en Afrique)
• et Albertine Meunier, de l’association Teatime et de l’atelier numérique au Mali « Toujours pas sages ».

atelier fracture numérique.jpg


Lorsqu’ Evelyne Rogue sur son blog « Education Numérique, Informatique, Net Art… » titre un de ses articles « fracture(s) numérique(s) : un phénomène qu’il faut penser au pluriel», nous ne pouvons qu’abonder dans son sens. En effet, la fracture numérique résulte des fractures sociales produites par les inégalités sur les plans économique, politique, social, culturel, entre hommes et femmes, entre générations et zones géographiques… 3 dimensions de la fracture numérique peuvent alors être envisagées : l’accès physique lié aux infrastructures, la question de l’utilisation et celle de la qualité de l’utilisation.


La fracture technologique

Dans son intervention à Web Diversity, Nadia Mordelet, vice-présidente Marketing et Business Développement de l’équipementier en télécommunications Alcatel Lucent, a présenté le programme « Broadband for all » (le haut débit pour tous) d’Alcatel. Elle a donc tenu à aborder la question de la fracture technologique. Cette construction est confiée aux opérateurs privés (dans les pays du nord, le plus souvent, ces réseaux ont été financés grâce à l’impôt et au service public), qui se concentrent dans les zones urbaines où un équilibre économique est possible. En effet il est difficile de toucher les zones les plus pauvres et les zones rurales à faible densité, où la mise en place d’équipement n’est pas envisageable. Une des solutions proposées par le programme est la mise en place d’Internet Center (fixe ou mobile par l’intermédiaire de camionnette) permettant de régler le problème du manque d’équipement.


aru_internet_center[1].jpg


La fracture liée à la formation

Au-delà d’avoir la possibilité d’accéder à Internet encore faut-il y avoir accès. Ces technologies nécessitent un apprentissage et un accompagnement dans leur utilisation. Le web reste également lié au monde de l’écrit (l’accès au web nécessite dans tous les cas la maitrise de l’écrit), à un univers anglophone puisque 45 % des pages sont en anglais et où les langues de civilisation orales sont particulièrement sous-représentées, mais aussi un monde multiculturel, en perpétuel mouvement et nécessitant de bonnes compétences technologiques.


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Taux d’alphabétisation dans le monde


La « net artist » Albertine Meunier, témoignait de ses deux expériences face à la fracture numérique : celle de l’âge avec son projet « Teatime with Albertine », atelier internet avec des femmes de plus de 77 ans et le programme « Toujours pas sages », atelier internet au Mali. Dans les deux cas, la lutte contre la fracture numérique passe par la volonté de privilégier l’expérience, l’initiative personnelle sans se focaliser sur les questions techniques. Avec Tea time with Albertine, quatre femmes de plus de 77 ans participent depuis plus de deux ans, et toutes les deux semaines, à un atelier animé par Albertine Meunier. Elles sont devenues, semble-t-il, très calées en innovations web : il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil aux vidéos thématiques produites chaque semaine. Au-delà d’une simple formation permettant de combler une fracture liée à l’âge, il est bien plus question de plaisir et de partage, bref d’un esprit que chez Regards sur le web on aime bien.

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Edith en pleine action sur l’Ipad


Albertine Meunier décidément intenable puisqu’après avoir fait entrer 4 femmes de plus de 77 ans dans l’ère du web 2.0, elle s’est tournée vers Boukary Konaté et les « Toujours pas Sages » pour l’assister dans la mise en place d’un atelier web au Mali pour faire découvrir Internet aux villages Maliens et dans cyber-cafés de Bamako.


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Photo de Ibrahima Konaté par Boukary Konaté


La fracture liée à l’éducation à l’utilisation des ressources

Jean Pouly, Président de l’Agence mondiale de la solidarité numérique, lors de son intervention à Web Diversity, a mis en lumière le lien étroit qui existe entre la liberté de s’exprimer et la liberté de savoir, qui est au moins aussi liée à une contrainte : l’apprentissage. Pour J. Pouly nous nous sommes trop focalisés sur la question du déficit technique (équipements électrique et téléphonique) alors que l’éducation est au moins aussi importante. Une question qui devrait être au centre des politiques d’aide au développement des pays du nord comme la France. Et Jean Pouly d’appeler de ses vœux une éducation à un regard critique sur les medias pour lutter contre ce qu’il appelle une fracture numérique 2.0. Il s’agit d’intégrer dans ce concept de fracture numérique les possibilités ou non d’utiliser les nouvelles opportunités permises par le web en matière de commerce, de soins médicaux et d’e-administration, le télétravail voire les nouvelles formes de loisir.

Comme l’a rappelé Yves Miezan-Ezo de l’ISOC France, les logiciels open source doivent être envisagés sérieusement , il s'appuie sur un exemple de programme d’e-santé permis grâce à ce type de logiciel (comme Pilot Systems). Une façon efficace d’éliminer l’épineux problème du coût de l’acquisition à condition d’avoir permis le développement d’une vraie culture du choix permettant d’envisager l’open source comme une réelle alternative aux logiciels propriétaires.

Jean-Patrick Ehouman est ensuite intervenu pour nous faire part de son expérience d’entrepreneur du web à Abidjan et de son expérience de président de l’ONG Akendewa et d’organisateur de la première édition du Barcamp Abidjan. Il est revenu sur son souhait de dynamiser l'industrie les usages spécialisés de l'internet et du mobile en partant des acteurs du bas de la pyramide : startup, amateurs, passionnés, travailleurs indépendants, entrepreneurs… Il a également insisté sur le rôle primordial de sponsors. Et pour le dire avec J-F. Soupizet, auteur notamment de La fracture numérique Nord-Sud « C’est la moindre capacité à s’approprier les technologies d’information et de communication dans un contexte structurel d’innovations successives qui fait la différence. En fait, dans un monde qui se globalise, ce retard menace d’accentuer toutes les autres disparités et c’est la raison pour laquelle une attention particulière est portée à la fracture numérique » (source). Des personnalités comme Jean-Patrick Ehouman et l’ensemble des intervenants de l’atelier portaient tous une forte volonté de faire bouger les choses.


pour aller plus loin.jpg


Fracture(s) numérique(s) : un phénomène qu'il faut penser au pluriel

Fracture numérique vue par Vecam

3 questions à ...Jean Pouly

Formation "Toujours Pas Sages" à Internet dans les cyber-cafés à Bamako : quelques pensées !, par Claire Ulrich

Et lire l'article : « Comment les TIC redéfinissent les contours de notre société » sur le blog Regards sur le web.

Nous vous invitons à lire les autres comptes-rendus de la journée Web Diversity :

Vivre avec la censure, avec Julien Paiin (Les Observateurs, France 24), Laurent Giacobino (Internews Europe), Lucie Morillon (Internet et Libertés, Reporters sans Frontières) et Arache Adjani-Atai (Président de Move4Iran)

Le Web 2.0 au service de la solidarité : au delà du simple service... avec Thomas Hémery (Solidaires du monde), Elsa Caternet (Internews Europe), Claire Ulrich (Global Voices), Laure Drévillon 'One Heart Channel), Guillaume Desnoes (AiderDonner), Nathan Stern (Peuplade)

Journalisme partagé, pluralité et démocratie, avec Benoît Raphaël (Le Post), Alexandre Heully (Cafébabel.com), Amirouche Laïdi (Président du Club Averroès) et Christophe Ginisty (Président d'Internet sans Frontières)

Internet et liberté d'expression, avec Elsa Caternet (Internews Europe), Guillaume Desnoes (Co-fondateur de AiderDonner), Nathan Stern (Fondateur de Peuplade.fr), Laure Drévillon (Fondatrice et Présidente de One Heart Channel) et Claire Ulrich (Global Voices)

Web Diversity : les outils au service de l'action citoyenne militante, avec Alban Martin (Co-fondateur et Vice-Président du Social Media Club), Tangui Morlier (Co-fondateur de Regards Citoyens), Olivier Blondeau et Laurence Allard (Auteurs de « Devenir média. L'activisme sur Internet entre défection et expérimentation »)

Contirbution de l'ISOC à la consultation sur la Neutralité du Net

Il y a une semaine, la secrétariat d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique a publié le document synthèse de la consultation publique sur la neutralité du net.

Le document officiel se trouve ici.

La contribution de l'ISOC, ici

Bonne lecture

Education pour tous !

Vous trouverez ci après l'article paru ce jour sur le site http://www.solidairesdumonde.org/


J'en remercie vivement l'auteur et précise que le logiciel que j'ai évoqué est OpenYalim. Petit clin d'oeil à David également parce que pour le coup, je n'ai pas cherché à te faire de pub ;)

Lutter contre les fractures numériques : l'éducation d'abord

« Nous réaffirmons notre attachement au principe d’intégration : chacun, où qu’il se trouve, doit avoir les moyens de participer à la société mondiale de l’information et personne ne doit en être exclu. » C’est ainsi que le G8 il ya dix ans définissait sa volonté de lutter contre l’inégalité dans l’accès à Internet (G8 : Charte d’Okinawa sur la société mondiale de l’information, 2000).


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Sujet d’un atelier lors de la journée de conférences Web Diversity du 21 mai 2010, la notion de fracture numérique ou «digital divide», en anglais, reste aujourd’hui d’actualité. Elle correspond au fossé qui existe entre ceux qui utilisent les potentialités des technologies de l’information et de la communication (dans un cadre personnel ou professionnel) et ceux qui n’y ont pas accès pour des raisons d'absence de moyens ou faute de compétences. Il existe une forte inégalité de l’accès à Internet entre le nord et le sud. La quasi-totalité des 2/3 du monde non-connecté vit dans les pays du sud. Une différence qui s’explique par le cout de l'investissement nécessaire des infrastructures à mettre en place mais aussi de l’absence de volonté politique des gouvernements…

Animé par Gérard Dantec, Président du Chapitre Français de l’Internet Society (ISOC France) cet atelier a réuni :

Jean-Pouly, directeur de l’Agence mondiale de la solidarité numérique
• Nadia Mordelet, vice-présidente Marketing et Business Développement d’Alcatel Lucent,
• Jean-Patrick Ehouman, président d’Akendewa-Barcamp Abidjan
• Yves Miezan-Ezo, administrateur ISOC France et membre du CHALA (club des Hommes et femmes d’Affaires du Libre en Afrique)
• et Albertine Meunier, de l’association Teatime et de l’atelier numérique au Mali « Toujours pas sages ».

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Lorsqu’ Evelyne Rogue sur son blog « Education Numérique, Informatique, Net Art… » titre un de ses articles « fracture(s) numérique(s) : un phénomène qu’il faut penser au pluriel», nous ne pouvons qu’abonder dans son sens. En effet, la fracture numérique résulte des fractures sociales produites par les inégalités sur les plans économique, politique, social, culturel, entre hommes et femmes, entre générations et zones géographiques… 3 dimensions de la fracture numérique peuvent alors être envisagées : l’accès physique lié aux infrastructures, la question de l’utilisation et celle de la qualité de l’utilisation.


La fracture technologique

Dans son intervention à Web Diversity, Nadia Mordelet, vice-présidente Marketing et Business Développement de l’équipementier en télécommunications Alcatel Lucent, a présenté le programme « Broadband for all » (le haut débit pour tous) d’Alcatel. Elle a donc tenu à aborder la question de la fracture technologique. Cette construction est confiée aux opérateurs privés (dans les pays du nord, le plus souvent, ces réseaux ont été financés grâce à l’impôt et au service public), qui se concentrent dans les zones urbaines où un équilibre économique est possible. En effet il est difficile de toucher les zones les plus pauvres et les zones rurales à faible densité, où la mise en place d’équipement n’est pas envisageable. Une des solutions proposées par le programme est la mise en place d’Internet Center (fixe ou mobile par l’intermédiaire de camionnette) permettant de régler le problème du manque d’équipement.


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La fracture liée à la formation

Au-delà d’avoir la possibilité d’accéder à Internet encore faut-il y avoir accès. Ces technologies nécessitent un apprentissage et un accompagnement dans leur utilisation. Le web reste également lié au monde de l’écrit (l’accès au web nécessite dans tous les cas la maitrise de l’écrit), à un univers anglophone puisque 45 % des pages sont en anglais et où les langues de civilisation orales sont particulièrement sous-représentées, mais aussi un monde multiculturel, en perpétuel mouvement et nécessitant de bonnes compétences technologiques.


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Taux d’alphabétisation dans le monde


La « net artist » Albertine Meunier, témoignait de ses deux expériences face à la fracture numérique : celle de l’âge avec son projet « Teatime with Albertine », atelier internet avec des femmes de plus de 77 ans et le programme « Toujours pas sages », atelier internet au Mali. Dans les deux cas, la lutte contre la fracture numérique passe par la volonté de privilégier l’expérience, l’initiative personnelle sans se focaliser sur les questions techniques. Avec Tea time with Albertine, quatre femmes de plus de 77 ans participent depuis plus de deux ans, et toutes les deux semaines, à un atelier animé par Albertine Meunier. Elles sont devenues, semble-t-il, très calées en innovations web : il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil aux vidéos thématiques produites chaque semaine. Au-delà d’une simple formation permettant de combler une fracture liée à l’âge, il est bien plus question de plaisir et de partage, bref d’un esprit que chez Regards sur le web on aime bien.

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Edith en pleine action sur l’Ipad


Albertine Meunier décidément intenable puisqu’après avoir fait entrer 4 femmes de plus de 77 ans dans l’ère du web 2.0, elle s’est tournée vers Boukary Konaté et les « Toujours pas Sages » pour l’assister dans la mise en place d’un atelier web au Mali pour faire découvrir Internet aux villages Maliens et dans cyber-cafés de Bamako.


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Photo de Ibrahima Konaté par Boukary Konaté


La fracture liée à l’éducation à l’utilisation des ressources

Jean Pouly, Président de l’Agence mondiale de la solidarité numérique, lors de son intervention à Web Diversity, a mis en lumière le lien étroit qui existe entre la liberté de s’exprimer et la liberté de savoir, qui est au moins aussi liée à une contrainte : l’apprentissage. Pour J. Pouly nous nous sommes trop focalisés sur la question du déficit technique (équipements électrique et téléphonique) alors que l’éducation est au moins aussi importante. Une question qui devrait être au centre des politiques d’aide au développement des pays du nord comme la France. Et Jean Pouly d’appeler de ses vœux une éducation à un regard critique sur les medias pour lutter contre ce qu’il appelle une fracture numérique 2.0. Il s’agit d’intégrer dans ce concept de fracture numérique les possibilités ou non d’utiliser les nouvelles opportunités permises par le web en matière de commerce, de soins médicaux et d’e-administration, le télétravail voire les nouvelles formes de loisir.

Comme l’a rappelé Yves Miezan-Ezo de l’ISOC France, les logiciels open source doivent être envisagés sérieusement , il s'appuie sur un exemple de programme d’e-santé permis grâce à ce type de logiciel (comme Pilot Systems). Une façon efficace d’éliminer l’épineux problème du coût de l’acquisition à condition d’avoir permis le développement d’une vraie culture du choix permettant d’envisager l’open source comme une réelle alternative aux logiciels propriétaires.

Jean-Patrick Ehouman est ensuite intervenu pour nous faire part de son expérience d’entrepreneur du web à Abidjan et de son expérience de président de l’ONG Akendewa et d’organisateur de la première édition du Barcamp Abidjan. Il est revenu sur son souhait de dynamiser l'industrie les usages spécialisés de l'internet et du mobile en partant des acteurs du bas de la pyramide : startup, amateurs, passionnés, travailleurs indépendants, entrepreneurs… Il a également insisté sur le rôle primordial de sponsors. Et pour le dire avec J-F. Soupizet, auteur notamment de La fracture numérique Nord-Sud « C’est la moindre capacité à s’approprier les technologies d’information et de communication dans un contexte structurel d’innovations successives qui fait la différence. En fait, dans un monde qui se globalise, ce retard menace d’accentuer toutes les autres disparités et c’est la raison pour laquelle une attention particulière est portée à la fracture numérique » (source). Des personnalités comme Jean-Patrick Ehouman et l’ensemble des intervenants de l’atelier portaient tous une forte volonté de faire bouger les choses.